Publié le 16th juillet 2011

Si le niveau de qualification des Français augmente depuis trente ans, le déclassement est lui aussi devenu une réalité,vécue en premier lieu par tous les jeunes à leur sortie du système scolaire. Face à un chômage durable, à des entreprises qui refusent trop souvent de faire le pari de l’énergie de la jeunesse, le chemin vers le premier emploi est de plus en plus difficile, et beaucoup se résignent à des contrats précaires et des salaires bas.

Avec plus de 660 000 Français de moins de 25 ans au chômage, le taux de chômage des jeunes en activité en France est de 22,3%, et atteint 50% dans certains quartiers populaires, alors qu’il est de 9,2 % pour l’ensemble de la population active. Perçue comme un risque, l’embauche de jeunes est prétexte à des effets d’aubaine entretenus par la droite et à la multiplication des contrats précaires, devenus la norme. 80 % des premiers emplois sont des CDD, il y a deux fois plus d’intérim chez les 15-29 ans que dans le reste de la population, et de nombreux emplois sont déguisés sous forme de stages.

Préférant verser des dividendes plutôt que de former des salariés, beaucoup d’entreprises n’utilisent qu’une part infime des compétences qui nous sont enseignées et contribuent au déclassement généralisé.

La politique du gouvernement est injuste et inefficace

La droite reprend le discours du patronat sur l’embauche des jeunes : ce ne sont pas des « vrais » salariés, il leur faut donc soit un statut particulier (du Smic jeunes du gouvernement Balladur au CPE du gouvernement Villepin, en passant par le recours abusif aux intérimaires et stagiaires), soit un coût moindre. C’est ainsi que les jeunes sont devenus un argument en faveur des allégements de cotisations qu’est entretenue l’idée fausse qu’embaucher un jeune représente un risque. Cette politique d’allègement massif de cotisations est pourtant une mauvaise réponse.

-Très couteuse pour les finances publiques, 31 milliards d’euros en 2008, son impact sur l’emploi des jeunes n’a jamais été démontré.
- Elle crée artificiellement un trou pour le financement de la sécurité sociale ou des retraites, et sert après-coup d’argument à la droite pour sabrer les systèmes de solidarité.
- Les allègements représentent des effets d’aubaines pour les entreprises qui ont à disposition des salariés très bien formés pour un moindre coût. .

Des emplois d’avenir pour redresser la France

Pour un investissement 10 fois inférieur, Martine AUBRY s’est battue pour que le projet socialiste défende la création de 300 000 emplois jeunes, soit près de la moitié des jeunes chômeurs, dans des secteurs clefs, principalement non marchands.

- Embauche directe de 300 000 jeunes sur la période 2012-2017 pour un investissement de l’État d’environ 3,7 milliards d’euros
- 150 000 emplois iront dans les secteurs innovants comme ceux du développement durable; 150 000 emplois aideront au développement des territoires victimes de discriminations : les banlieues et les territoires ruraux.
- Il s’agit d’emplois à plein temps, d’une durée maximale de 5 ans, avec un salaire correspondant au minimum au SMIC, financé à 75% par l’État.

Une telle politique de soutien à l’emploi des jeunes menée entre 1997 et 2002 par la gauche, et notamment par Martine AUBRY, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, avait alors porté ses fruits.

- 350 000 emplois avaient été crées dans le secteur public et associatif.
- Selon un rapport de la DARES publié en 2006, 63% des jeunes ont été recrutés par le même employeur à l’issue de leur emploi-jeune, 85% des jeunes ayant bénéficié d’un emploi-jeune avaient un emploi un an et demi plus tard dont 72 % en CDI.

La droite affirme que ces emplois ne seraient pas de « vrais emplois ». Pourtant, ces emplois d’avenir seront concentrés dans les secteurs porteurs de perspectives que le marché myope ne prend justement pas en compte. C’est par exemple le cas de la transition écologique de notre société. Oui, nous défendons les valeurs de coopération, d’échange et de solidarité souvent portés par ces emplois du secteur associatif.

De coût faible, comparable à la baisse de la TVA dans la restauration (qui a débouché sur la création de moins de 10 000 emplois), ces 300 000 emplois jeunes se révéleront à la fois un très bon investissement sur le plan économique, sur le plan de la justice sociale, et seront une action véritablement efficace dans notre lutte contre le chômage et le déclassement. Nous aiderons les jeunes à faire leur entrée dans la vie active pour devenir acteurs du redressement de notre pays.

1 commentaire to “Argumentaire : Pour les jeunes, 300 000 emplois d’avenir”

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